Cornélius Crane, donateur du jardin botanique

Cornélius Crane, donateur du jardin botanique

Iles du vent / Tahiti / Paea / Aou'a / Pk 19

Personnage historique

 
     

Cornelius Crane était issu d’une grande famille américaine qui avait fait fortune en proposant les premiers équipements de salle de bain modernes, design et colorés. Il profitait pleinement de sa vie de capitaliste en parcourant le Pacifique sur son yacht Te Vega, une énorme goélette à deux mats de 134 pieds, construite en 1930 par Krupp en Allemagne. Saisie comme prise de guerre par les Etats-Unis lors de la seconde guerre, elle fut achetée en 1950 par Cornelius Crane.

Mais tout n’était pas rose dans cette croisière idyllique, car Cornelius Crane souffrait d’un exéma qui le rongeait nuit et jour. Au cours de ses voyages, il avait rencontré de nombreux spécialistes et guérisseurs, essayé toutes sortes de remèdes et d’onguents. Mais aucun n’arrivait à stopper « le mal ».

Lors de son passage à Tahiti dans les années 1950, il rencontre Miri Rei, tahu’a raau (guérisseuse) spécialiste de la médecine traditionnelle polynésienne à base de plantes. Après avoir bien examiné son patient, elle va chercher des feuilles et des racines qu’elle écrase dans un umete (récipient) pour préparer une potion et une pommade. Au bout de quelques jours l’état de Cornelius Crane s’améliore et petit à petit, il retrouve sa « peau de bébé ».

Heureux, très heureux d’avoir vaincu cette maladie, soit disant incurable, Cornelius Crane veut faire quelque chose pour remercier ce « pays » qui l’a sauvé. De retour aux Etats-Unis, il raconte son aventure a un ami botaniste qui lui parle de son compatriote Harrison Smith, cet américain qui a créé en 1930, un magnifique Jardin botanique à Tahiti, qui est à l’abandon depuis sa mort en 1947. On croit souvent, à tort, que c’est Harrison Smith qui a donné son jardin botanique à la Polynésie française. C’est faux, Harrison Smith à légué son jardin à son ami Jean Marie Boubée, qui n'a pu assumer cette lourde charge et le jardin a été laissé à l’abandon. Pire, des boeufs avaient commencé à en prendre possession.
Crane se porte acquéreur en 1952, mais étant américain, l’administration le contraint à faire une donation d’une partie du jardin à la Polynésie française à sa mort. Il embauche comme intendant un conte germanique et un jeune professeur de l’Ecole des frères, Talo Pambrun à la main verte. Rapidement le jardin botanique retrouve son éclat. Mais Cornelius Crane, n'en reste pas là. Il continue son oeuvre en apportant son aide financière à son ami William Robinson pour lancer un programme de recherche et de lutte contre l'éléphantiasis et de la filariose, dans ce qui deviendra l'Institut Malardé. Et en juillet 1956, il organise avec son bateau Te Vega, une expédition de l'American Museum of Natural history de New York, aux îles Marquises.
Comme prévu, à sa mort en 1962, la Polynésie française récupère les 18 ha du jardin botanique du motu Ovini à Papeari.

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Sources

Olivier BABIN, Talo PAMBRUN
Historique : Crane Plumbing Photo 2 : La goélette Te Vega, amarré au quai de Papeete en 1952.
Photo 3 : maison de Cornelius Crane à Paea


Commentaires


Tahiti Heritage - 21/06/2011
Avez vous une photo plus sympathique que ce vieux dessin pour illustrer cette page ?

Michel Anctil - 21/06/2011
Je suis l'ami canadien auquel Esther fait allusion. Mon livre sur le yacht Vega, dans lequel on trouvera un chapitre sur l'a période durant laquelle Crane possédait le yacht, est disponible sur le site web Lulu.com ou sur le site Amazon.com. Il suffit de taper le mot «Te Vega» ou mon nom et on y trouvera la description du livre et comment le commander.

Esther Miri Popoa Tahutini-Rei Tetuamanuhiri - 28/09/2010
Cornelius Crane était vraiment un homme d'une générosité incomparable. Grace a lui, ma famille a pu voir le monde extérieur. Moi'meme, je suis née à New York grace a lui. Mamère étant malade, ma tante, soeur de mon père, et qui est ma mère adoptive et reconnue par elle, a envoyé ma mère biologique avec elle en Amérique pour se faire soigner. Par cela meme, mon éducation a été assuré par Crane. Grace à lui j'ai ma maison à Paea et tout ce qui était à Crane, je partage avec ma soeur de lait, adoptée et reconnue comme moi, Annie Chauvel-Rei. La photo de la maison que vous avez, n'est pas celle de Crane mais celle de ma mère adoptive, Miri. J'ai grandie dans cette belle maison et j'attends toujours la justice pour la récupérer car ceux qui sont dedans actuellement sont des squatters. Je suis disponible pour d'autres renseignements.
J'ai aussi un ami Canadien, Michel Anquetil, qui va sortir un livre sur le "Te Vega".

Tahutini Priscilla - 18/09/2010
Cornelius crane était aussi un homme très généreux. Il vécut un grand amour avec Miri Rei, soeur de mon grand-père Tahutini Ari. D'ailleurs il vivait avec elle à Paea Maraa et y possédait deux résidences qui existent toujours. Il possédait aussi à l'époque une firme de fabrication de sanitaires très classes et dont quelques exemplaires encore existent dans ces propres demeures. Ensuite il a dû repartir aux Etats-Unis où sa femme de nationalité japonaise l'y attendait fidèlement.

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