encyclopédie | photos | maps
La tortue était considérée comme un animal sacré dans l'atoll de Faaite et de nombreuses tortues "flottaient" sur le lagon jusque vers les années 1980. Avant cette époque, des coutumes bien précises encadrait cette pêche.
Quand les anciens décidaient d'une pêche à la tortue (Tifai) une couronne de fleurs et un coco étaient déposés sur une pierre du marae Nimo Oteruga de Faaite. Deux ou trois pêcheurs étaient choisis parmi les meilleurs pour mener à bien la chasse. Ce jour là, il ne fallait pas allumer de feux au village.
De retour de la chasse, les pêcheurs annonçaient leur prise à distance en déclamant un " toinoino " qui relatait la prise de la bête. Les anciens restés au village guettaient ce signe qui leur faisait savoir si la pêche avait été bonne.
Les pêcheurs revenaient en poussant trois cris, à l'attention des pêcheurs restés à terre. Un homme disait d'abord si c'était une tortue mâle ou une tortue femelle. Si c'était une tortue mâle, il disait « Takero », si c'était une femelle, il disait « Matariki » . Le même homme criait ensuite le nom du pêcheur qui avait attrapé la tortue puis le nom de l'endroit où elle avait été pêchée.
Il était très mal perçu de rater une tortue et de la laisser partir blessée. Les anciens détectaient la présence d'huile sur la pointe de la lance, ce qui signifiait que la proie avait été touchée mais qu'elle s'était s'enfuie. L'harponneur défaillant était alors dénigré.
La tortue était dépecée à terre et il était interdit de le faire dans le lagon de même que s'y laver les mains souillées du sang de l'animal car ce dernier était sacré. Ce tabu existait jusqu'en 1980. Lorsqu'un vieux voyait quelqu'un nettoyer la tortue dans l'eau, il le frappait avec un bâton.