encyclopédie | photos | maps
Âmes sensibles s'abstenir.
Dans la petite vallée Haurii, se trouve un exceptionnel site de tatouage. Sont disséminés dans la nature au milieu de plusieurs pieds de Ti'a'ri (Bancoulier), le four pour faire brûler les noix de bancoul, l'atelier de préparation de l'encre de tatouage et plusieurs ateliers de tatouage spécialisés pour chaque partie du corps humain.
Un peu à l'écart près d'une source rafraîchissante, se cache au milieu des roseaux l'atelier pour le tatouage du sexe masculin. Il est constitué principalement d'une pierre sculptée de 50 cm de longueur avec différentes cavités creusées pour poser les attributs mâles lors des séances de tatouage.
Le colorant utilisé s'obtenait à partir de suie tirée de noix de bancoul brûlées (ti'a'iri) et diluées avec un peu d'eau ou de monoi (huile de coco). Une fois introduite sous le derme, la substance prenait une teinte bleue. Cette opération s'effectuait à d'aide de peignes à tatouer, sorte d'herminette dont l'extrémité était constituée de dents acérées, taillées dans des dents de poissons ou des os d'oiseaux. Un maillet servait à marteler le manche de l'herminette afin que le colorant pénètre sous la peau.
Les hommes pouvaient être tatoués de la tête aux pieds à l'aide des motifs quelquefois irréguliers tels des lignes courbes, des cercles concentriques ou encore des damiers. Le tatouage du sexe masculin était rarement pratiqué, car difficile à réaliser en raison de sa morphologie et surtout la forte sensibilité de cette zone.
Non loin de là, à coté de la source qui permettait de rafraichir ses attributs fraichement décorés, a été judicieusement planté des pieds de kava (Piper methysticum) d'une variété à fleurs permettant de préparer une potion pour moins ressentir la douleur des aiguilles.