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Dans la grande salle du temple chinois Kanti de Mamao, l'autel de Kanti trône au milieu et dans les quatre coins des autels secondaires sont dédiés à d'autres déités :
A droite de l'autel de Kanti, l'autel de Tchong Ten Sou, maître taoiste chargé de chasser les mauvais esprits et d'améliorer le Feng shui.
- Au fond à droite, l'autel de Chim Siu Kong, dit Chim Soo, coolie chinois de la plantation d'Atimaono qui s'est sacrifié afin d'éviter une sanction collective de rapatriement suite à rixe qui à fait un mort. Il fut guillotiné en 1869, et la communauté chinoise en fit un martyr. Son mausolée se trouve au cimetière chinois du repos éternel d'Arue.
- A gauche, trône l'autel de l'impératrice Matsu Gniong Gniong, déesse de la mer, protectrice des pêcheurs, et qui éloigne les catastrophes naturelles. Les pêcheurs viennent demander sa protection avant leurs sorties en mer qu'il soit long ou court. C'est une déesse très importante en Chine.
- Au fond, à gauche, l'autel des cent familles, présumées originelles de toute la population chinoise en Chine.
- A droite de la porte d'entrée, l'autel de Guan Yin, ou déesse de la miséricorde, une divinité du panthéon bouddhiste.
- A gauche de la porte se trouve l'autel Thi Tsou Ya, le dieu propriétaire de la terre, où repose les esprits de la terre.
- A l'entrée du temple, siège l'autel de Tu Ti Kung et Tuti po, le couple des divinités de la fertilité, qui assure la protection de l'agriculture.
- A droite de la porte d'entrée, l'autel de Kwan Yin Yang est dédié à la déesse de la miséricorde ou du Lotus, c'est une divinité du panthéon bouddhiste.
Le concept de religion est plutot occidental. Il y a cependant dans la culture chinoise, certains aspects qu'on pourrait qualifier de religieux, (culte des ancêtres, culte des esprits, croyances animistes... ). La religion chinoise est en fait un mélange syncrétique de confucianisme, taoisme, et bouddhisme, trois courants de pensée à caractère philosophique plutôt que déiste.
L'objet du culte chez les chinois était de s'assurer la protection surnaturelle au moyen de cadeaux. Pour cela, il fallait « solliciter » le dieu par des offrandes de toutes sortes (bâtonnets d'encens, nourriture, papier-monnaie.....) pour obtenir des faveurs en retour.
Avant les offrandes, la communication doit être établie avec l'au-delà. Avec le gong et le tambour, on annonce qu'on est là pour demander audience à Kanti. Pour s'assurer de sa présence, on jette des croissants en bois dont un côté est plat et l'autre bombé. L'esprit est présent quand les deux croissants tombent sur une face opposée. Localement, les croissants servent à interroger KantiI qui donne une réponse selon la position des croissants = 2 faces bombées = non 2 faces opposées = oui 2 faces plates = incertitude
Quand le destin de l'homme échappe à son libre arbitre, souvent il s'adresse à une puissance extérieure pour connaître le cours futur des événements et influer sur lui, d'où l'utilité de l'oracle pour mieux maîtriser sa destinée. Pour obtenir un oracle, il faut secouer une boîte contenant 100 bâtonnets de bois où est inscrit un numéro. Quand une baguette tombe de la boîte, il faut l'apporter au gardien du temple qui donne en échange l'oracle correspondant au numéro de la baguette. C'est en langage souvent sibyllin la réponse de l'au-delà. Les 100 numéros représentent 100 cas de situations humaines anciennes dont l'évolution peut être mise en parallèle avec des situations actuelles. (NB : le Yiking n'en comporte que 64). Le temple chinois est fréquenté tout l'année, mais plus particulièrement avant le nouvel an chinois pour remercier Kanti pour les faveurs de l'année écoulée, et pendant la période du jour de l'an chinois en vue de renouveler les protections et de connaître l'avenir pour l'année nouvelle.
Rose JONC, de l'association Te Vahine Porinetia et de Si Ni Tong
Jimmy Ly de l'Association Wen Fa, Richard Chenoux et Éliane Lechene du Si Ni Tong
Ludovic Ly, Leslie Timau, Vaihau Ching, Terii Faatauira - BTS Animation et Gestion Touristiques Locales - Papeete Chinese Tour - déc 2011.