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A la cascade
Ce fut vers midi, un jour calme et brûlant, que j'aperçus pour la première fois ma petite amie Rarahu.
Au bord de la Fautaua, des jeunes femmes tahitiennes, accablées de sommeil et de chaleur, étaient couchées sur l'herbe, les pieds trempant dans l'eau claire et fraîche.
L'ombre de l'épaisse verdure descendait sur nous, verticale et immobile ; de larges papillons d'un noir de velours, marqués de grands yeux couleur scabieuse, volaient lentement, ou se posaient sur nous, comme si leurs ailes soyeuses eussent été trop lourdes pour les enlever.
Tout à coup, des broussailles de mimosas et de goyaviers s'ouvrirent, on entendit un léger bruit de feuilles qui se froissent, et deux petites filles parurent, examinant la situation avec des mines de souris qui sortent de leurs trous. Elles étaient coiffées de couronnes de feuillage, qui garantissaient leur tête contre l'ardeur du soleil ; leurs reins étaient serrés dans des « pareu » bleu foncé à grands dessins jaunes ; leurs cheveux étaient noirs, longs et dénoués.
Les deux petites vinrent se coucher sous la cascade, qui se mit à s'éparpiller plus bruyamment autour d'elles... La plus jolie des deux était Rarahu : l'autre, Tiahui, son amie.
Texte proposé par Moetu COULON-TONARELLI