Une barre oui, mais non chocolatée et judicieuse en terme de choix.

Un mois après la mutinerie à bord sur le navire anglais La Bounty, le 28 avril 1789, les mutins s’arrêtent à Tubuai sur le chemin de retour vers Tahiti. L’île se situait alors à la limite des terres connues et Cook l’avait décrite comme n’ayant pas de mouillage convenable, deux critères qui furent certainement déterminants dans leur choix.

La baie où la Bounty a mouillé, face à la passe, au nord-ouest de l’île, gardera le nom de Baie sanglante.

Fletcher Christian décide de revenir s’y installer, après avoir fait provision de cochons, chèvres, poulets à Tahiti :

L’île produit des uru (arbre à pain), des noix de coco, des ignames, taro, bananes et, en général, tout ce qui est commun aux îles de la Société ; le récif abonde en poissons et en grosses tortues. Le mûrier à papier atteint ici une plus grande taille, bien qu’il ne soit pas cultivé…. L’île est arrosée d’innombrables petits ruisseaux descendant des collines, et qui, étant endigués pour la culture du taro, offrent un abri aux très nombreux canards sauvages. On y trouve aussi des anguilles, des chevrettes et un petit poisson de l’espèce des gobies. L’île est très fortement peuplée et peut avoir 3 000 âmes ; leur couleur est semblable à celle des indigènes des îles de la Société mais ils sont plus robustes et leur aspect est plus sauvage, ce qui est accentué par le turmeric (rea, curcuma) et l’huile qu’ils utilisent pour colorer leurs tissus, ce qui leur donne un aspect jaune déplaisant. Les hommes portent les cheveux et la barbe de différentes façons, selon leur fantaisie .

De retour à Tubuai, le 23 juin, l’équipage débarque une partie du bétail sur l’île et le reste sur les motu. Le bétail détruira les cultures. Fletcher Christian commet des erreurs qui provoquent une véritable guerre contre une partie de la population. Quand la Bounty quitte définitivement l’île de Tubuai, le 14 septembre 1789, l’île est en partie dévastée et la guerre a fait de nombreuses victimes.

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Source :

Journal de James Morrison, second maître à bord de la. « Bounty », traduit de l’anglais par Bertrand Jaunez, publications de la Société des Études Océaniennes, n° 16, Papeete. 1966, pp. 45 à 54.
Ilustration 1 : Herb. Kaiwainu Kane.


2016-10-20T08:08:08+00:00 Categories: Australes, Lieu historique, Mataura, Tubuai|Tags: |
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