Au XVIII° siècle, la Compagnie hollandaise des Indes Occidentales a pour objectif de faire du commerce dans la Terre Australe et de prendre possession au nom de la couronne de Hollande des terres découvertes. Pour ce faire, une l’expédition dirigée par Jacob Roggeveen part de Hollande en août 1721 en tant que commandant d’une flottille de trois navires :

  • Le den Arend, Capitaine Jan Koster, 36 mètres et 110 hommes d’équipage,
  • le Thienhoven, Capitaine Cornelis Bouman, 30 mètres et 80 hommes
  • l’Africaansche Galey, Capitaine Roelof Rosendaal, est un voilier à deux mâts, ventru et large, à fond plat et sans quille, de 28 mètres. Son équipage compte 33 hommes (60, suivant certains auteurs). Elle est peut-être armée de canons. Ce n’est pas une galère comme son nom semble l’indiquer mais une galiote.

En 1722, le navigateur hollandais Roggeveen navigue dans l’archipel des Tuamotu, que l’on appelle alors l’Archipel dangereux, en raison de la difficulté à naviguer entre ces centaines d’îles à fleur d’eau. Il aperçoit le dimanche de Pâques, 5 avril 1722, l’île de Rapa Nui.

Le 19 mai 1722, l’Africaansche Galley s’échoue sur le récif de la cote Est de l’atoll de Takapoto. Dans la nuit, il envoie deux coups de canons de détresse, mais en vain. Trente et un membres de l’équipage ont la vie sauve. Le 24 mai 1772, il quitte l’atoll. Cinq matelots restent sur place. On ne saurait dire ce qu’ils sont devenus, en revanche, l’on sait que la pratique du cannibalisme était monnaie courante dans ces îles. Des ossements ont même été retrouvés non loin de l’épave, ils ont ensuite été déplacés sur le lieu-dit sépulture Ovahana.

Deux canons, connus de tous les habitants de l’île, se trouvaient sur le platier de l’atoll de Takaroa. Ils sont exposés sous un petit fare pote. Deux nouvelles prospections ont localisés trois nouvelles pièces d’artilleries.

Deux scénarii peuvent expliquer le naufrage ou l’échouement de l’Africaense Galey :

  • le navire s’est échoué sur le récif et a été complètement détruit ;
  • le navire est venu s’échouer sur le récif. Un délestage des canons lui a permis de reprendre sa route.
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Source :

Groupe de Recherche en Archéologie Navale (GRAN)
Veccella, Robert, Compte rendu d’expertise du site supposé du naufrage de l’Africaense Galey (1722) à Takapoto (Tuamotu), 1993


2016-06-26T16:59:43+00:00 Categories: Patrimoine maritîme, Takaroa, Tuamotu|
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