Le bateau de Hiro, une pierre de 3 m de large sur 8 m de long, qui se trouve dans la vallée d’A’ata à Maupiti évoque l’histoire de Hiro, le héros légendaire polynésien qui voulut embarquer de force les habitants de Maupiti pour les amener à Taha’a. Mais les coqs de Maupiti stoppèrent son projet.

Hiro

Hiro était un grand guerrier qui avait apprit le maniement des armes et les subtilités de la guerre avec son père, un guerrier de haut rang de Bora Bora. Il était très fort mais également rusé. Lorsqu’il se trouvait en mauvaise posture, il appelait à l’aide ses dieux. Personne ne pouvait alors lui résister. Par contre il devait impérativement effectuer ses exploits dans l’obscurité de la nuit pour recevoir l’aide des dieux. Ceux ci n’aimaient pas la lumière du jour et, dès le lever du soleil, ils allaient se cacher dans les marae.

Le chant des coqs

Hiro était venu à Maupiti avec ses dieux pour combattre les dieux des païens et une fois de plus il sortit vainqueur des combats. Il apprécia tellement l’île qu’il voulut s’en emparer en embarquant de force ses habitants pour les amener à Taha’a. Pour cela, il construisit une pirogue de pierre, de 3 m de large sur 8 m de long. Une fois la pirogue terminée il décida d’attendre la nuit pour la mettre à l’eau. A cette époque, personne n’entreprenait de tâches exceptionnelles durant le jour, par crainte de ne recevoir aucune aide des dieux.

Mais ses ennemis vexés d’avoir été battus et surtout très jaloux de sa belle pirogue, décidèrent de l’empêcher de mener à bien son projet. Ils allèrent discrètement trouver le tahu’a (prêtre, sorcier) Uru’uru Tahutahu de Maupiti, et lui dirent :

Hiro va mettre son bateau à l’eau cette nuit. Quand il sera à l’eau, il partira pour Tahaa en emmenant tant de personnes avec lui qu’il ne restera plus aucun habitant sur Maupiti.
Réveille-toi ! Préviens les coqs de la déesse de Nu’umehau, pour qu’ils chantent cette nuit pour arrêter Hiro dans son œuvre. Il croira que le jour se lève et aura honte de s’être laissé emporté par le temps. Alors, il abandonnera là son bateau et nous serons sauvés.

Le tahu’a prit bonne note de la demande et avertit les coqs perchés dans les branches des arbres en leur disant :

Coqs de la déesse Nu’umeha, si, pendant la nuit, vous m’entendez vous appeler « coqs de Nuumeha! » Levez-vous et mettez-vous à chanter en criant « lâche, lâche ! », Hiro abandonnera son travail et nous serons sauvés.

Larguons les amarres

Le tahu’a Uuru Tahutahu quitta son fare et partit à la recherche de Hiro et de ses dieux. Il arriva à Vaitia, dans la vallée de A’taa, au moment ou Hiro se préparait à lancer son bateau. Les cordes étaient déjà tendues et les dieux entouraient Hiro, tandis que des voix chantaient :

Dieux de Taonutea et de Taonuanu, surveillez les coqs de la déesse Nu’umehau. Empêchez-les de chanter car notre travail serait alors perdu.
Dieux de Hiro, Prenez les cordes et hâlez le bateau jusqu’à la mer !

L’opération commença ; mais le sorcier était là à espionner tout ce remue ménage et, au moment crucial, il se mit à crier : « Coqs de Nu’umehau, levez-vous ! »
Les coqs dressèrent la tête et se mirent à chanter : « Lâche, lâche ! »
Leur chant relayé par celui de tous les coqs de l’île réveilla tous les habitants.

Hiro réalisa que son projet était découvert et croyant que le jour se levait, abandonna aussitôt l’embarcation. Les esprits eux-mêmes, pris de panique, quittèrent les lieux pour se réfugier dans les marae. Hiro se précipita pour chercher ses armes. Il tua les coqs de Nu’umehau, mais la population de Maupiti fut sauvée. Il retourna à Tahaa, laissant à Maupiti les traces de son passage et de son oeuvre.

Le bateau est toujours là !

Le bateau de Hiro, une pierre de trois mètres de large sur huit de long, qui évoque, dès le premier coup d’œil, plus un kau (barque à fond plat) qu’une pirogue, se voit encore dans la vallée d’A’ata dans le quartier de Vaitia à Maupiti.

Le motu de Paea’o, situé en face de la pointe Pohiva, est isolé par deux chenaux, non navigables, empreintes naturelles de la tentative ajournée de Hiro. Les deux chenaux sont donc peu profonds et n’entament en rien la barrière récifale.


Découvrez d’autres exploits de Hiro dans l’article  : Hiro, le héros légendaire polynésien

Le bateau de pierre de Hiro, à Maupiti
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Source :

Vilna Tuheiava, Maui Tauvirai, Albert Firuu