Il y a bien longtemps vivait un couple sur l’île de Raiatea. Voulant aller à la pêche, le mari décide de laisser son épouse au fare. Une dispute éclate. Le calme revient, le mari part à la pêche. La femme décide d’aller au sommet du Temehani. Là, sa tristesse est grande malgré le splendide panorama. L’idée de la mort lui traverse l’esprit. Elle creuse un trou, appuie son bras gauche sur une pierre, le coupe, met celui-ci dans le trou avant de mourir. Bien des années après, à l’endroit où la femme avait enterré son bras, un arbuste avait poussé portant de jolies fleurs blanches.

Un jour, des gens de Tevaitoa à la recherche de bambous passèrent la nuit près de l’arbuste. Au matin, ils furent réveillés par des bruits secs. C’étaient les fleurs qui éclataient avant de laisser apparaître des pétales qui formaient une main. Ils comprirent que c’était la main d’Apetahi et baptisèrent la fleur Tiare Apetahi. Averti, le mari alla dans la montagne casser une branche, planta celle-ci devant son fare en souvenir de sa femme mais rien ne poussa.

Depuis ce jour, bien des gens essayèrent de planter le Tiare Apetahi mais sans résultat.

Le Tiare Apetahi est-il pour toujours sur le Temehani ?

Emblème du patrimoine légendaire et naturel de Raiatea, le Tiare Apetahi régresse rapidement depuis une vingtaine d’années. Des récoltes abusives de fleurs limitant ainsi le nombre de fruits et donc de graines ont entraîné un piétinement qui a détruit les plantules, s’accompagnant trop souvent d’actes de vandalisme qui mutilent les arbustes. Cette pression humaine a fait disparaître les arbustes les plus accessibles et l’on peut déclarer que le Tiare Apetahi est en réel danger c’est à dire menacé d’extinction. Pourtant, plusieurs résolutions en faveur du Tiare Apetahi ont déjà été prises aussi bien par les élus, les administrations concernées et les associations que par des enseignants grâce à des actions de sensibilisation.

Description botanique

Unique au monde, limité au plateau Temehani de l’île de Raiatea (Polynésie française)
Arbuste dépassant rarement 2 mètres de haut, aux rameaux spongieux, à écorce rugueuse, marqués des cicatrices des feuilles tombées. Latex blanc jaunâtre. Feuilles vert foncé lancéolées (longues de 8 à 10 cm. et larges de 2 à 3 cm.) dentées sur leur partie supérieure, et rassemblées vers le sommet des rameaux.
Fleurs dissymétriques d’un très beau blanc, inodores, axillaires avec des pédoncules uniflores (longs de 1 cm.). Calice égalant environ le pédoncule. Corolle 4 à 5 fois plus longue que le calice.
Fruit capsulaire de 1,5 à 2 cm. de long sur 1 cm. de diamètre, s’ouvrant par deux fentes au sommet libérant de minuscules graines ovoïdes (< 1 mm de long).
Pousse de 550 à 800 m. d’altitude souvent associé aux pandanus (fara) et aux Freycinetia (ieie, fara pepe). Atteignant 1,5 à 2 m. en zones abritées, ils restent nains (30 à 50 cm.) en zones ventées, tout en fleurissant normalement.

Le tiare Apetahi est une fleur « unique au monde » en tant que plante-mère mais elle a donné des filles de coloration différente avec quelques différenciations biologiques. C’est la Apetahi mauve des Marquises ; deux à Tahiti liées à une légende ; une à Rurutu et la dernière connue à Rapa iti : Apetahi rapaensis.

Commentaires

Source :

Fred JACQ. Association PARURU I TE NATURA O RAIATEA  Uturoa . Délégation à l’Environnement – Papeete. Service de l’Économie Rurale – Uturoa

2018-04-08T16:58:37+00:00 Categories: Fleurs de Tahiti, Légendes îles sous le Vent|Tags: |
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