Au sud de l’atoll de Tikehau, une petite dépression circulaire se trouve sur le platier dans une zone constituée de blocs de coraux de trois mètres de hauteur. Cette baignoire 100% naturelle était le bain de Hina, Te vahi hopuhopuraa o Hina. Un appendice corallien dénommé la cloche de Hina, te Oe a Hina, résonnait lorsque l’on tapait dessus et faisait venir les vagues qui remplissaient le petit bassin dans lequel Hina prenait son bain. Cette extrémité a malheureusement été cassée en aout 1989, mais la légende subsiste.

Légende de la cloche de Hina

Tefauroa est une très belle jeune fille humble de coeur. Sa devise de chaque jour : aimer et respecter autrui. Aimer, respecter et protéger aussi la faune et la flore qui n’ont point de secret pour elle. C’est pour cela que les habitants avaient beaucoup d’estime pour elle et la considéraient comme la reine de leur île.

Hina vivait à la pointe ouest de Tikehau où elle aimait se baigner. Lorsque l’envie la prenait, elle prévenait son père Tefauroa. Ce dernier se saisissait du pédoncule d’une palme de cocotier et s’avançait vers la cavité qui se trouvait au centre de l’énorme bloc de corail qui surplombait la pointe où Hina habitait.

Tefauroa frappait une première fois sur la cloche qui produisait un son grave et continu perçu par tous les habitants de l’île. Ils savaient ainsi qu’il ne fallait pas s’aventurer du côté récif et de la pointe où la reine s’apprêtait à se baigner.

Le père frappait un deuxième coup sur la cloche : il demandait à la mer de remplir la large vasque de corail qui servait de baignoire à la reine Hina. Lorsque la vasque était pleine, Hina y descendait pour se rafraîchir.

Au troisième coup donné la mer se retirait, la vasque se vidait : la reine avait fini de se baigner et les habitants pouvaient circuler librement du côté de la pointe.

Des utilisations plus contemporaines du feo magique

Les anciens de Tikehau qui faisaient du coprah, utilisaient cette méthode originale et relaxante pour décortiquer les noix de coco. Ils se rendaient en bord de mer, au milieu des feo (blocs coralliens très déchiqueté), attachaient les noix de coco entres elles et les jetaient à la mer. Ensuite, l’un d’entre eux tapait avec un caillou sur le feo magique, ce qui avait la particularité de faire venir les vagues. Sous l’action de la mer, les cocos étaient propulsés sur les extrémités pointues des feo et automatiquement décortiqués.

Les jeunes de Tikehau ont également su adapter cette vieille coutume pour domestiquer les flots pour améliorer leur passe temps favori. Avant d’aller surfer, ils tapaient plusieurs fois sur le feo pour que les vagues soient plus belles. Mais les mamas ont brûlé ce feo “magique” à la suite de fâcheux accidents dus aux vagues trop fortes.


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Source :

École de Tikehau juin 2000 : racontée par HAOA Tanetutira Toarü Gabriel
Olivier BABIN 1998


2017-09-09T17:45:32+00:00 Categories: Légendes des Tuamotu, Tikehau, Tuamotu|Tags: |
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