Les parents qui allaient cueillir des fei dans la vallée de la Fautaua, laissèrent leurs deux enfants qui étaient fatigués se reposer sous la protection du grand lézard. Etait-ce vraiment prudent ?

Un énorme oeuf… de lézard

Dans les temps anciens, les Tahitiens vivaient dans des grottes au fond des vallées et avaient l’habitude d’aller chercher de l’eau salé dans des calebasses et de bambous dont ils se servaient pour assaisonner leurs aliments.

Un jour, une femme vit dans une touffe d’herbe le long du rivage un œuf énorme. Elle le prit et l’emporta chez elle, dans une grotte de la vallée de la Fautaua où elle vivait avec son mari et ses deux enfants, un garçon et une fille. Là, elle plaça la calebasse dans un coin reculé de la grotte et n’y toucha plus. Quelque temps après, pendant que la famille prenait son repas dehors, un grand craquement se fit entendre dans la grotte. Son œuf avait donné naissance à un gigantesque lézard, un mo’o très doux qui fut adopté par la famille.

oeuf de lézard

Un grand lézard comme nounou

La nourriture se faisant rare dans le pays à cause de la sécheresse, la famille décida d’aller chercher des fe’i (bananes plantain de montagne) à l’intérieur de la vallée. Après avoir longtemps marché, les parents laissèrent les deux enfants qui étaient fatigués se reposer sous la protection du lézard.

L’attente devenait pénible et la faim commença à tirailler les deux enfants et le lézard. Le reptile, ouvrant grand sa gueule, avala les deux enfants, l’un après l’autre. Puis, il se coucha confortablement sur la fougère et s’endormit.

Quand les parents revinrent chargés de féis ils cherchèrent vainement leurs enfants, mais ne trouvèrent que le lézard toujours endormi. Remarquant alors les proportions inusitées de son ventre, ils devinèrent bien vite ce qui était arrivé, et, remplis de fureur, ils cherchèrent une grosse pierre pour assommer le monstre.

Mais celui-ci s’éveilla prit la fuite et, poursuivi par les parents, il escalada le plus haut sommet du mont Aora’i (Monde-dans-le-ciel).

Le grand mo’o (lézard) poursuivi par le père des enfants, trébucha quand la lance de l’homme en colère perçât son cœur. Il tomba alors du haut de la paroi dans le vide et s’écrasa au pied de la falaise. Sa queue brisée se planta dans le sol et donna naissance à un massif de bambous qui existe toujours, unique de son espèce, car il se casse si facilement qu’il ne peut servir à aucun usage. Sa langue donna naissance aux fameuses roses de Fautaua « roti no Fautaua », et son corps se transforma en un rocher dans la rivière. Rocher qui a la forme d’un lézard.

Bambous du lézard de la vallée de la Fautaua. Photo Yan Peirsegaele, Photowalk 2011

Bambous de la vallée de la Fautaua. Photo Yan Peirsegaele

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Source :

Tueria Henry, Tahiti aux temps anciens, Société des Océanistes. 1961
Légendes polynésiennes – Haere Po no Tahiti 1991


2018-06-29T16:06:34+00:00Categories: Fautaua, Légendes des îles du Vent, Pirae, Tahiti|Tags: |