La vallée de la Fautaua est un site magnifique d’intérêt historique (Bain Loti, marae, fort de Fachoda…), éducatif (flore, exploitation de l’eau) et touristique. Du portail de la SPEA, concessionnaire du service de distribution de l’eau potable de Papeete, un chemin carrossable mène sur environ trois kilomètres au pont de Fachoda. Large, peu en pente et ombragé, le parcours est aisé et idéal pour les balades en famille. On y trouve par ailleurs un marae, facilement accessible.

Après le pont de Fachoda, le chemin devient plus difficile et plus ardu. Cependant, la cascade de la Fautaua et les paysages alentour sont d’une telle beauté qu’ils méritent un effort. Les randonneurs ont en fait le choix entre deux trajets : l’un, qui suit la rivière pour déboucher au pied de la cascade ; l’autre – plus intéressant – qui la traverse sur le fameux petit pont (voir photos) pour atteindre la chute par le haut.

Le chemin permet de se rendre aux vasques, site magnifique composé de blocs de basalte et de toboggans naturels. Le parcours traverse ensuite les ruines du fort de Fachoda et aux jardins du gouverneur. Le chemin grimpe ensuite jusqu’au col du Toevere, à environ 600 m d’altitude permettant de rallier à pied la vallée de la Punaruu en passant par le col du Diadème.

Pierre Loti, nous raconte sa première rencontre avec sa petite amie Rarahu au pied de la cascade de la Fautaua :

Au bord de la Fautaua, des jeunes femmes tahitiennes, accablées de sommeil et de chaleur, étaient couchées sur l’herbe, les pieds trempant dans l’eau claire et fraîche. L’ombre de l’épaisse verdure descendait sur nous, verticale et immobile ; de larges papillons d’un noir de velours, marqués de grands yeux couleur scabieuse, volaient lentement, ou se posaient sur nous, comme si leurs ailes soyeuses eussent été trop lourdes pour les enlever.

Tout à coup, des broussailles de mimosas et de goyaviers s’ouvrirent, on entendit un léger bruit de feuilles qui se froissent, et deux petites filles parurent, examinant la situation avec des mines de souris qui sortent de leurs trous. Elles étaient coiffées de couronnes de feuillage, qui garantissaient leur tête contre l’ardeur du soleil ; leurs reins étaient serrés dans des « pareu » bleu foncé à grands dessins jaunes ; leurs cheveux étaient noirs, longs et dénoués.

Les deux petites vinrent se coucher sous la cascade, qui se mit à s’éparpiller plus bruyamment autour d’elles… La plus jolie des deux était Rarahu : l’autre, Tiahui, son amie.

 

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Source :

BET Pae Tai Pae Uta. Aménagement de la vallée de la Fautaua 2000.
La Dépêche du 3 mars 2000 et 29 mai 2000