Cette légende de l’île de Maiao raconte l’origine du nom de l’île de Moorea.

Temaiatea vahine accouche d’un oeuf

Autrefois, Temaiatea et son épouse demeuraient dans l’île de Tupuai-Manu qui s’appelle désormais Maiao. La jeune femme tomba enceinte et accoucha d’un œuf. L’époux prit l’œuf et le porta dans une petite grotte près du rivage nommée Vaionini où il le déposa.

Une nuit, Temaiatea vahine eut une vision dans son sommeil. Elle vit qu’elle avait mis au monde un garçon à la peau jaunâtre. Elle se réveilla et raconta ce songe à son époux. Quand le jour se leva, l’homme partit observer œuf qu’il avait laissé dans la grotte. Il constata que l’œuf avait éclos : c’était un bébé lézard de la même teinte que dans le rêve de sa femme.

Les parents fuient

Temaiatea donna à ce lézard le nom de lézard-jaune, Moo-rea. Lui et sa femme nourrirent Moo-rea dans cette petite grotte jusqu’à ce qu’il soit grand. Lorsqu’il devint énorme, la femme prit peur et dit à son époux : « Il nous faut abandonner Moo-rea , sinon, bientôt, il nous mangera. » Le mari refusa en lui disant : «C’est tout de même notre enfant aimé auquel nous avons donné le nom de Moo-rea » Mais comme la femme insistait, l’homme céda à ses instances.

Il construisit une pirogue, pour fuir l’île. Quand elle fut terminé le couple quitta Maiao et en se dirigeant du coté du soleil levant. Ils abordèrent Tahiti par la passe de taapuna et trouvèrent refuge sur un pic montagneux.

Moo-rea part à la recherche de ses parents

Moo-rea, ne cessait de penser à ses parents qui l’avaient élevé et nourri avec tant d’affection. Mais comme cela faisait longtemps que l’on ne lui avait pas apporté à manger, il réalisa que ses parents l’avaient abandonné. De désespoir, il se jeta à la mer et nagea vers le levant.

Lorsque Moo-rea eut perdu la terre de vue, il affronta le courant Teara-Veri (scolopendre ou cent-pieds), puis en sortit. Ce courant n’est pas hérissé de vaguelettes mais sa course est comme celle du scolopendre. Moo-rea fit face à un second courant que l’on appelle Tefara (Le Pandanus) car c’est un courant « épineux » comme le Pandanus. Moo-rea réussit à se dégager de ce courant, mais il était épuisé. Il affronta un troisième courant nommé Tepua (Le savon) car c’est un courant puissant. L’écume de la mer est comme de la mousse de savon.

Epuissé par sa lutte contre ces trois phénomènes de la nature, il se noya. Son corps dériva et alla s’échouer sur le rivage de Vai Anae à Aimeho (ancien nom de l’île de Moorea).

Au petit matin, deux hommes partirent à la pêche. Lorsqu’ils parvinrent à la plage de Vai Anae, ils virent cette énorme chose gisant sur le sable et coururent avertir les gens de l’île en criant :

« C’est un lézard jaune ! E moo re’a ! »

Depuis ce jour on nomme Aimeho, Moo-rea c’est à dire Moorea.


Suite des aventures de Tamaiata vahine et Tane en préparation

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Source :

Ara’i Temauri, juin 1961. A’Ai no te Mo’o, la légende du lézard (en v.o et traduction). Bulletin de la Société des Études Océaniennes. n°138 Mars 1962, p 30
Illustration Sarahina


2017-12-07T11:14:36+00:00Categories: Légendes des îles du Vent, Maiao, Moorea|Tags: , , , |