A 62 milles à l’Ouest de Tahiti et à 50 milles de Moorea, surgit la petite île de Tapuae Manu ou Maiao Iti, ou encore Teanuanuaiterai (arc-en-ciel) parce que ce phénomène s’y produit assez fréquemment, en raison de ses deux lacs intérieurs.

Histoire de l’île de Tapuae Manu ou Maiao

Maiao Iti fut visité par le capitaine de la marine anglaise Wallis en 1767. Le célèbre Cook la revit en 1769 et le navigateur espagnol Boenecchea en 1774.

Cette terre dépendait de la royauté de Huahine, une des îles Sous le vent. Elle était soumise aux mêmes lois et qui gouvernée par des chefs descendants de la famille Atu tii, lignée royale de Huahine.

Lors de l’annexion de cette dernière à la France en 1888, Maiao iti suivit son sort. En février 1904, elle fut rattachée administrativement à la circonscription de Tahiti et Dépendances.

Géographie de Maiao

A Maiao Iti, la nature a greffé l’atoll à l’île haute. La configuration de l’ile haute subsiste ; elle a la forme approximative d’une biche de mer, longue de 3 à 4 kilomètres du Nord au Sud. Sa surface est de 9 km2.

Le point culminant de l’île est une petite montagne de 154 m, Ravae. Des crêtes descendent en pente douce vers les plaines Ouest et Est, mais surplombent à pic les lacs de l’atoll au Nord et au Sud.

Les terres de plaines sont d’anciens lagons, qui bordaient la terre ferme, et dont les fonds se sont probablement soulevés à une époque lointaine, comblés progressivement au cours des âges.

L’île est entourée d’un récif barrière, coupé de deux passes permettant l’arrivée par la mer, la première, Avarei, dynamitée pour permettre le passage des bateaux, et la deuxième, Apotoo, un passage naturel, utilisé uniquement lorsque la première, proche du village, n’est pas praticable.

De mauvais souvenirs

Un Anglais, Eric Trower, y aurait monté à la fin des années 1880, un magasin de marchandises générales. Abusant du goût des îliens pour les produits venus de l’extérieur, il se serait approprié près de 80 % des terres de l’île grâce aux crédits contractés par ses clients !

Le pasteur Moro, vers 1935, avait alors incité les habitants de Maiao à former une coopérative pour racheter les terres à l’État, qui, entretemps, avait soldé la dette des habitants auprès de l’Anglais. Une partie de leur récolte était systématiquement reversée à la, coopérative. Les habitants se sont aujourd’hui entièrement acquittés de leur dette, et ce depuis 1992, mais la structure coopérative perdure. La tradition du crédit, quant à elle, est plus que jamais vivace dans les deux magasins de l’île !

La défiance des habitants de Maiao vis-à-vis des étrangers prend donc racine dans cette histoire dont tout le monde a entendu parler, mais dont peu de gens connaissent les aboutissants exacts. Quoi qu’il en soit, les conséquences de cette mésaventure sont bien réelles : l’île est isolée. Le comité de la coopérative avait fixé à l’époque un règlement intérieur strict : l’interdiction d’accueillir des touristes, d’implanter une piste d’aviation, de porter des tenues vestimentaires suggestives pour les femmes, de vendre ses terres… Il est cependant impossible de se procurer une copie de ce règlement.

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Source :

R. TEISSIER, Adjudant de Gendarmerie, 1960 – Bull de la Société des études océaniennes n° 130 p 411
Photo aérienne : Google Earth


2017-12-08T16:49:47+00:00Categories: Ile, Iles du vent, Maiao|