Harmonie de rose, au stade Bambridge de Papeete, dans les tenues de fitness comme dans celles des footballeuses et des fleurs de papier crépon des lilas des Indes.

C’est en 1890 que le terrain du stade Willy Bambridge, où se trouvaient autrefois un camp militaire et des anciens abattoirs, tomba dans l’escarcelle de la commune de Papeete. Celle-ci entreprit alors de le louer à des particuliers. Après la Seconde Guerre mondiale il affirma sa vocation, sous l’impulsion de la Fédération Générale des Sociétés Sportives. En 1964, la commune engagea des travaux de réaménagement et le stade adopta le nom de Willy Bambridge en 1967.

D’une superficie de 8000 m2, le terrain de foot a été doté en aout 2007 d’une pelouse synthétique plus confortable et qui résiste mieux aux conditions climatiques locales, en particulier à la saison des pluies quand les terrains ont tendance à se transformer rapidement en pataugeoires.

Du coté de Faa’a, se dresse un magnifique alignement de lilas des Indes (lagerstroemia speciosa)

Tahiti Fitness challenge au Stade Bambridge. Photo Tahiti Fit

Tahiti Fitness challenge 2016. Photo Tahiti Fit

Championnat scolaire de Foot féminin.

Championnat scolaire de Foot féminin.

Willy Bambridge, racontée par Angèle Bambridge, son épouse

« J’étais allée au cinema avec une amie, à Rennes, et, en revenant du cinéma, il y avait du vent et mon chapeau s’est envolé. Des joueurs du stade Rennais étaient dans le coin et l’un d’eux a ramassé mon chapeau, c’était Willy.

Willy était venu en France pour faire des études de droit à Montpellier mais il ne les faisait pas de façon très sérieuse, aussi son père lui avait coupé les vivres.

Willy Bambridge

C’est dans cette période d’incertitude qu’un recruteur du stade rennais était descendu à Montpellier pour chercher un avant-centre. Cet avant-centre était un ami de Willy et il a proposé la candidature de Willy. C’est de cette manière qu’il a été engagé par le stade rennais où il jouait goal. Par la suite, c’est lui qui a percé tandis que l’autre, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Willy a même été sélectionné plusieurs fois international du stade rennais.

Pour les jeunes filles de cette époque, il n’y avait pas grand chose à faire, l’école et le travail à la maison. Mon frère s’intéressait au football et il m’emmenait souvent voir les matches.

Voilà donc comment j’ai fait la connaissance de Willy. On s’est parlé, on s’est revu, je suis allée le voir jouer et puis on s’est marié au stade rennais en 1937.

Et puis, il y a eu la guerre au cours de laquelle mon mari a été fait prisonnier. Après la guerre, ses parents ont souhaité le revoir. Ils ont payé les billets du bateau. Willy a un peu travaillé dans la famille mais ça n’a pas marché, alors il a posé sa candidature comme professeur d’éducation physique à l’école centrale. C’était l’un des premiers après Timi Pihaatae. Depuis il n’est jamais retourné en France.

Dès que nous sommes arrivés à Tahiti, le Dr Cassiau avait pris contact avec Willy car il voulait organiser le sport polynésien, lui donner des structures, car à l’époque, si on pratiquait, c’était en dehors de toute règlementation et il y avait un besoin qui commençait à se faire sentir en ce domaine. Willy et le Dr Cassiau se rencontraient souvent. Cassiau a écrit en France et c’est comme ça qu’est né la FGSS (la Fédération Générale des Sociétés Sportives) qui regroupait tout le sport civil et qui l’organisait en même temps.

Willy Bambridge meurt d’une crise cardiaque en 1953, à l’âge de 42 ans et est enterré au cimetière familial Bambridge, vallée de la Hamuta à Pirae.


En aout 2007, une fresque représente Willy Bambridge en pleine action a été réalisée, en hommage à sa mémoire, au stade de Papeete qui porte son nom.

fresque murale du footballeur tahitien Williy Bambridge
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Sources :

Papeete Ta Tatou Oire, 2008 n°8 p 38
Tahiti passion : Willy Bambridge, histoire de Angèle Bambridgepar Mélinda le