Originaire de Nouvelle-Guinée, le Uru (arbre à pain) a été diffusé dans tout le Pacifique lors des migrations polynésiennes et se rencontre dans la plupart des îles à proximité des zones habitées. Étant la base de la nourriture, des dizaines de variétés de ‘Uru ont été sélectionnées et reconnues à partir de la seule espèce : Artocarpus altilis.

Cook écrivait que si un Polynésien plantait dix arbres à pain au cours de sa vie, il remplissait son devoir nourricier à l’égard de sa génération et des suivantes. Sa renommée fut telle que, Bligh, capitaine du « Bounty » vint à Tahiti en 1788, pour y chercher un millier de plants d’arbre à pain destinés aux Antilles anglaises, mission qui fut renouvelée avec plus de succès en 1792.

Description botanique

Grand arbre pouvant atteindre près de 25 m de hauteur, à l’écorce grise et aux grandes feuilles simples lobées.

Utilisations culinaires

L’usage principal de cet arbre est alimentaire puisque son fruit comestible était la base de l’alimentation des polynésiens. Il se prépare bouilli, rôti ou cuit à l’étouffé ou plus simplement sur un feu de bois ou un bec de gaz. Aux temps anciens, il était généralement mangé fermenté (mahi) après conservation pendant plusieurs mois dans des silos de pierre. (fosse royale de stockage du uru)
Le uru s’est adapté à la cuisine moderne et se prépare en frites et en gratin dauphinois. Depuis peu est proposée de la farine de uru qui permet de réaliser du pain ou des gâteaux sans gluten. Les graines confites font de délicieux bonbons (photo n°5)

Propriétés médicinales et cosmétiques

En médecine traditionnelle, la sève, les bourgeons, les jeunes pousses, les pédoncules des fruits, les pétioles, la pulpe moisie ou encore l’écorce interne des jeunes branches étaient utilisées pour des traitements médicinaux. Les fleurs, par exemple, sont grillées et frottées sur les gencives pour soulager les maux de dents.

Le latex blanc, la sève, qui s’écoule de l’écorce servait tel quel de gomme à mâcher, ou de cosmétique. Les hommes l’utilisaient à l’état frais pour se plaquer les cheveux en arrière. Les femmes faisaient bouillir la sève avec du monoï dans une coquille de bénitier (pahua) avant de l’étaler sur leurs cheveux

Autres usages traditionnels du Uru

Le latex était également utilisée pour attraper les oiseaux. Mélangée de la fibre de coco, il servait aussi de poix pour calfater les pirogues. L’écorce des jeunes branches servait à la confection de tapa (tissus végétaux) de couleur beige. Le bois était utilisé pour la confection de pirogues, d’armes, d’instruments de musique, de meubles et de cercueils.

Légendes sur le Uru

Le Uru naquit d’un homme selon selon la légende de Ruata’ata et de l’arbre à pain d’une part et selon le mythe de la création d’autre part qui raconte que l’homme serait à l’origine des plantes. le Uru (Arbre à pain) jaillit d’un homme, le tronc était son corps, les branches étaient ses membres et les feuilles ses mains, le fruit était sa tête et à l’intérieur de celui-ci se trouvait la langue (le cœur du fruit).

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