Un souvenir d’une guerre « propre » menée par certains marins.

Le canon du parc Bougainville situé le plus près de la poste de Papeete appartenait au célèbre corsaire allemand Seeadler, commandé par le comte Von Félix Luckner, surnommé le diable des mers. Ce navire joua un rôle important de pirate allemand dans le pacifique lors de la première guerre mondiale en arraisonnant 14 bâtiments alliés… sans faire de victime !

Le comte Félix von Luckner, le diable des mers

Le comte Felix Von Luckner est né dans une famille militaire allemande aristocratique à Dresde le 9 juin 1881. Ses attentes familiales étaient pour lui de devenir officier de cavalerie, mais au lieu de cela, il voulait aller en mer.

Il commence sa carrière maritime en s’enfuyant tout jeune de chez ses parents, mauvais élève turbulent et totalement indiscipliné pour ne pas dire insoumis, pour s’engager très jeune le surnom de « Filax » comme matelot léger à bord d’un grand voilier de commerce russe. À l’âge de 20 ans, il retourne en Allemagne et entre au Lubeck Navigation College où il obtient son certificat Mate’s. En février 1910, il entre dans la marine impériale allemande. En 1917, von Luckner reçoit le commandement du navire auxiliaire SMS Seeadler.

Portrait du Comte Félix von Luckner

Felix Von Luckner en uniforme d’apparat à la fin de la première guerre mondiale

Le bateau, un quatre mat barque

Le Seeadler était un quatre mat barque en acier de 83 m de longueur. Un voilier à l’allure paisible mais qui était doté d’un moteur diesel de 1200 chevaux, l’un des premiers au monde, ce qui lui permettait d’atteindre une vitesse de 9 nœuds. Les voiles restaient toutefois son moyen principal de propulsion.

Il possédait deux canons de 105 mm, des mitrailleuses et un important stock de munitions ; le tout habilement dissimulé sous un chargement de bois.

L’équipage du Seeadler fut choisi avec un soin inouï par le commandant corsaire lui-même (il avait « carte blanche ») principalement chez les marins de la voile (de moins en moins nombreux à l’époque) mobilisés de fraîche date, car la Marine Impériale ne disposait plus vraiment de ce savoir-faire en perdition. En plus, il fallait « faire vrai » !

Le corsaire allemand Seeadler commandé par Von Luckner

Le corsaire allemand Seeadler vers 1917

L'équipage du corsaire allemand Seeadler en 1917

L’équipage du corsaire allemand Seeadler en 1917

Un corsaire allemand lors de la première guerre mondiale

Au début de l’année 1917, le Seeadler coule 14 navires alliés, sans faire aucune victime. Bien au contraire, il recueille les équipages ennemis qu’il transfère ensuite à bord d’un bateau capturé pour qu’ils rejoignent Buenos-Aires. Après avoir doublé le cap Horn, le corsaire arrivait, au début de juin 1917, dans les régions fréquentées du Pacifique, et coulait successivement trois goélettes américaines.

Après avoir écumé le Pacifique, le Seeadler coule à son tour, en 1917, drossé une lame de tsunami sur les récifs du petit atoll de Mopelia aux Iles sous le Vent.

(Lire l’article : Epave du corsaire allemand Seeadler à Mopelia)

Epave du corsaire allemand Seeadler à Mopelia.

L’évasion

Von Luckner et cinq marins réussirent à rallier les îles Fidji sur le canot du voilier mais ils furent capturés et transférés en Nouvelle Zélande. En décembre 1917, ils réussirent à s’évader en canot et prennent à l’abordage un voilier. Mais ils sont bombardés par un croiseur anglais et sont une nouvelle fois capturés. Ils ne rentreront en Allemagne qu’après l’armistice en juillet 1919.

Le retour

Von Luckner reviendra en yacht en Polynésie en 1940 (photo ci jointe). Il disparu quelques jours en laissant son équipage à Papeete. De retour en Allemagne, il restaura à grand frais le château familial.

Aurait-il récupéré son trésor caché à Mopelia ?

Le capitaine von Luckner devant le canon du Seeadler, parc Bougainville Papeete 1940

Felix von Luckner à coté du canon du Seeadler, parc Bougainville à Papeete en 1940.

Canon des deutschen Kapers Seeadler Der Graf Felix von Luckner, ein deutscher Held, den man auf Tahiti kaum kennt, befehligte das deutsche Korsarenschiff, den Seeadler, und zeichnete sich während des ersten Weltkrieges dadurch aus, dass er im Pazifik 14 englische und amerikanische Schiffe anhielt und durchsuchte.

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Source :

Pirate des mers – Cruise of the Sea Eagle


2017-08-21T20:01:55+00:00 Categories: Papeete, Patrimoine maritîme, Tahiti, Tarahoi|
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