Une histoire pas très catholique !

En arrivant au Couvent de Rouru, situé au pied du mont Duff sur l’île de Mangareva, le premier bâtiment que l’on voit, à gauche du porche d’entrée est la chapelle saint-Agathe, un bâtiment double de 24 m de longueur construit en 1848 en grosses pierres de corail, sous la direction du père Cyprien Liausu, de la congrégation des sacrés-Cœurs de Picpus.

Du coté Nord, se trouve une grande pièce qui servit d’infirmerie pour les sœurs du couvent et pour les habitants de Mangareva puisque l’ancien président Gaston Flosse, y a vu le jour.
La chapelle voûtée, située dans la partie Sud du bâtiment, servait pour les messes ouvertes à la population souvent célébrées par le père Cyprien. L’ancien autel, fait de blocs de corail taillés a été déplacé et installé dans la cathédrale Saint Michel, à droite de l’entrée. Il ne reste que quelques marches d’un escalier en pierres sur lequel des fidèles, qui viennent toujours prier, ont posé une petite statue d’un homme tenant un enfant (photo)

Le mystère du Père Cyprien

Le père Cyprien s’était aménagé une chambre dans le couvent de Rouru pour y loger. Cette liberté fut mal vue par la communauté qui exigea qu’il quitte le couvent. Mais il ne céda pas et continua à passer ses journées au couvent. Cette histoire et des problèmes de santé poussent le père Cyprien à rentrer à Cahors, en France, en 1853. Il décède trois années plus tard à Paris et ses anciens paroissiens des Gambier demandent avec insistance à Mgr Tepano Jaussen que soit corps soit enterré dans leur île.

En 1864, après des mois de voyage en bateau, le cercueil arrive à Rikitea et est transporté le soir même au couvent de Rouru. Les religieuses se recueillent, chantent et prient toute la nuit devant le cercueil. Le lendemain matin, au moment de l’inhumation, on ouvre le cercueil et on découvre que corps supposé être celui du picpusien est celui d’une vieille femme aux cheveux roux alors que le père Cyprien avait une belle tonsure. On enterra les restes de la pauvre femme en toute discrétion dans la chapelle. Mgr Tepano Jaussen affirme ne jamais avoir quitté le cercueil durant le voyage.

Encore à ce jour, le mystère reste entier.

Commentaires

Source :

LAVAL Mémoires pour servir à l’histoire de Mangareva. Société des Océanistes 1968 p CXV et 581
FENELON, Service de l’Urbanisme 1981 Patrimoine architectural antérieur à 1900 (ROU 03) Frère SOULIE : Mon clocher à Mangareva


2015-08-16T15:23:23+00:00 Categories: Gambier, Mangareva, Patrimoine religieux, Rouru|
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