Le grand marae dédié au dieu Tane devait son nom à un couple de chefs de Iripau, Te Papa et à sa femme Ahuroa. Quand Ahuroa accoucha de jumeaux, l’émotion fut grande, car pareil prodige touchait au sacré et au divin. Bien sûr, la nouvelle de cette naissance gagna les îles voisines aussi vite que le vent. A Bora Bora et surtout à Ra’iatea, la puissance des chefs religieux qui honoraient le dieu ‘Oro et d’autres dieux que Tane, était immense et l’on disait partout :

Tapu te pito o na maehaa, `afa’i i Taputapuatea .

Si des jumeaux naissent, il faut que leurs cordons ombilicaux (pito) soient portés au grand marae Taputapuatea de Raiatea. On apprit que Taie, un redoutable guerrier, avait déjà quitté Opoa pour s’emparer des nouveaux-nés et que d’autres encore étaient partis de Bora Bora avec la même mission.

Effrayés, les parents empaquetèrent soigneusement les pito de leurs rejetons et, à la faveur de la nuit, s’embarquèrent avec eux pour chercher refuge sur l’îlot Po’araara.

On dit qu’à mi-chemin, de mystérieux vents contraires et violents firent chavirer la pirogue. Dans la confusion, les jumeaux avaient disparu et on laissa croire qu’ils avaient péri noyés. Quant aux précieux paquets contenant les pito, ils avaient dérivé et coulé, l’un, Mo’auta, vers le rivage et l’autre, Mo’atai, vers le récif, et chacun s’est transformé en un large pinacle de corail. On peut encore les voir aujourd’hui.

Si vous avez la chance de pêcher entre Patio et Po’araara et que vous ramenez des roris (lutjans) jaunes ou to’au, les habitants du lieu vous diront  :
– C’est à Mo’auta que vous les avez pêchés »;
mais si ce sont des roris rouges ou taea, ils vous diront :
– C’est de Mo’atai que vous revenez.

Commentaires

Source :

CPSH Te Anavaharau


2016-10-20T08:09:02+00:00 Categories: Iles sous le vent, Iripau, Légendes îles sous le Vent, Tahaa|
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