Le Pua, Fagraea berteriana, est un arbre indigène de la Polynésie française qui se caractérise par ses grandes feuilles charnues et surtout ses fleurs très parfumées en forme d’entonnoir.

Un doux parfum… d’adultère

De couleur blanc crème quand elles s’ouvrent, les fleurs deviennent jaune orangé après trois ou quatre jours avec un parfum beaucoup plus profond. Ces fleurs sont portées à l’oreille ou servent à la confection de couronnes à Hawaii et aux Marquises où le Pua était autrefois la « fleur nationale ». A Tahiti, les couronnes de pua sont moins courantes, parce que l’arbre est plus rare et peut être parce qu’une vieille légende dit que les couronnes de fleurs de pua favoriseraient l’adultère.

Les fruits ronds (appelés kaupe aux Marquises) de 2 cm de diamètre, lisses et verts puis oranges deviennent fripés et rouges (voir photo). Ils sont très appréciés des oiseaux, les ‘upe et les pigeons verts qui mangent la pulpe orange qui contient de petites graines noires.

L’arbre du dieu Tane

La mythologie tahitienne raconte que le premier pua fut apporté sur la terre par le dieu Tane, le dieu des forêts, en témoignage de paix. Dans son bois sacré étaient taillées des représentations du dieu Tane, des tiki et des pahu (grand tambour polynésien). Le bois du pua de couleur brun clair et d’un grain serré qui se polit bien, sert à la fabrication de meubles et de sculptures.

Fruit du Pua

Fruit du Pua

Monoi avec des fleurs de Pua

Fleurs de Pua

Kumuhei

Umuhei

Une plante médicinale

Le Pua est peu employé en pharmacopée traditionnelle car toutes les parties sont toxiques. Toutefois, les baies sont utilisées avec précaution dans le traitement des bronchites et l’écorce interne dans le traitement de l’asthme et du diabète. Les feuilles bouillies servent à soigner les éruptions cutanées et les irritations de la peau.

Les fleurs odorantes servent à parfumer le monoï (huile de noix de coco) destiné à parfumer le corps, les cheveux et les tapa (tissus végétaux). Ces fleurs sont utilisées également pour la confection du Kumuhei, le philtre d’amour marquisien composé de nombreuses plantes odorantes.

Le fruit du pua servaient à l’embaumement des morts. La tête du défunt était enduite de monoï contenant de la pulpe du fruit pour conserver les cheveux plus longtemps.

Où voir des pua à Tahiti ?

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Source :

Olivier Babin FTV n°41

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