Si Papeari est renommé pour ses fleurs et son jardin botanique, c’est en grande partie grâce à un américain, Harrison Willard Smith (1872 1947), passionné par la botanique, que les Tahitiens appelaient « le grand-père des arbres ».

1920

L’américain Harrison Willard Smith arrive à Tahiti en 1919, à l’âge de 37 ans, où il savait d’une précédente visite, qu’il trouverait à Papeari un sol et un climat idéal pour créer le jardin tropical dont il rêvait. Il acheta, de 1920 à 1925, les propriétés sur lesquelles il devait créer le domaine de Motu-Ovini (l’îlot sauvage) de 137 hectares où il planta petit à petit des centaines de variétés de fleurs et d’arbres exotiques qu’il faisait venir à grands frais et avec bien des difficultés des régions tropicales d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Un grand nombre des arbres et des plantes de ce jardin botanique sont utilitaires et ont été introduits par Harrison Smith.

Harrison Smith et sa citrouille

Harrison Willard Smith 

1947

Un autre américain, Cornelius Crane se porte acquéreur mais étant américain, l’administration le contraint à faire une donation d’une partie du jardin à la Polynésie française à sa mort. En 1952, Cornelius Crane achète le domaine et embauche un intendant germanique, le conte Karl de Swenburg et un jeune professeur de l’Ecole des frères, Talo Pambrun. Rapidement le jardin botanique retrouve son éclat.

1952

Avant sa mort, en 1947, H.-W. Smith légua son jardin à son ami Jean-Marie Boubée, chef du service agricole de Tahiti et botaniste lui aussi. Mais la charge était trop lourde et le jardin a été laissé à l’abandon et une partie des plantes fut perdue. M. Boubée proposa au Territoire, en 1949, de prendre le domaine à sa charge et d’y créer un centre de rééducation de la jeunesse délinquante. Cette proposition fut repoussée et il fut question d’y installer une léproserie, puis une station de recherche et de multiplication des plantes, placée sous le contrôle de la Commission du Pacifique Sud. Aucun de ces projets n’aboutit.

1962

En 1962, le gouvernement de la Polynésie française récupère donc, au décès de Cornelius Crane, 18 hectares en bord de mer qui constituent le jardin botanique actuel. Mais une clause de la donation stipule bien que ce terrain doit garder « une vocation botanique et pédagogique » et qu’en cas de non-respect, la propriété reviendra aux héritiers de Crane.

L’association Harrison Smith, longtemps dirigée par Louise Carlson est chargée de sa gestion. Plusieurs directeurs se succèdent dont le botaniste Michel Guérin, qui apporta sa touche en créant une collection de palmiers.

Jean-Marie Boubée et son fils avec Talo Pambrun au jardin botanique en 2002

Jean-Marie Boubée et son fils avec Talo Pambrun au jardin botanique en janvier 2002

Un site toujours pas protégé

L’inscription de ce site comme site protégé a été demandé une première fois en 1964, sans suite, et une seconde en décembre 1999 également sans suite. Un ambitieux programme de réaménagement du jardin botanique Harrison Smith a été proposé par le paysagiste Pierre-Yves Jorcins en 1998, mais n’a malheureusement jamais été concrétisé.

De 2005 à 2017, la gestion du jardin est confié à l’établissement public EGAT qui gère le domaine d’Atimaono. Malheureusement, cet organisme s’est occupé surtout du golf et le jardin a été petit à petit délaissé. La pépinière d’arbres, l’une des plus belles de Tahiti, a fermée. Aucune nouvelle plantation n’est venu remplacé les vieux arbres abattus.

En 2017, la gestion du jardin botanique a été confiée au Service du Tourisme.


Pour les Journées de l’Arbre, Tahiti Heritage et la Direction de l’Environnement ont réalisé un flyer sur le parcours du jardin botanique de Papeari, que vous pouvez télécharger sur le lien suivant : Parcours du jardin botanique de Papeari

Projet d’aménagement du jardin botanique Harrison Smith de Papeari, Tahiti, par l’architecte- paysagiste P-Y Jorcins en 2002

Projet d'aménagement du jardin botanique du paysagiste Jorcin en 2002
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Source :

Olivier Babin


2018-04-26T09:32:32+00:00 Categories: Jardin botanique de Tahiti, Tahiti, Teva I uta|
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