L’hippodrome de Pirae fut créé à l’initiative de Charles Van den Broek d’Obrenan qui importa des chevaux pur-sang de Nouvelle Zélande pour défendre ses couleurs.

Il y avait chaque année pour le 14 juillet, une grande compétition hippique sur l’hippodrome de Pirae. Une longue course se disputait à Tahiti seulement sur 300 mètres alors que les grands prix métropolitains se courent sur 6 000 mètres. Les chevaux tahitiens étaient, sans doute, comme leurs propriétaires, un tantinet paresseux. C’étaient pourtant de jolies petites bêtes qui paraissent vigoureuses. « Mais, dame, on ne les entraîne pas ; ce serait du travail. Alors ! »

Donc, pour la Fête Nationale, deux douzaines d’écuyers disséminés dans les divers districts de l’île arrivaient à Papeete sur les chevaux avec lesquels ils vont disputer la course. Les pauvres bêtes n’avaient pas en van pour parcourir le trajet entre leur box et l’hippodrome. Elles arrivaient avec déjà quelques kilomètres dans les pattes. C’était certainement pour cela que les courses étaient si courtes ! Au signal du starter, tout le monde démarrait à fond de train, tant que ça peut. Les jockeys, pieds nus et en pareo, tapaient sur leurs montures comme des sourds du départ à l’arrivée.

Mais ce qui à Pirae était splendide, c’est la course de dames. La chevauchée des Walkyries tahitiennes, galopant cheveux au vent – comme les crinières – et serrant les flancs des chevaux rouges de leurs cuisses nues et dorées, est un spectacle qui, à lui seul, valait le déplacement.

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Source :

Louis Charles Royer, Femmes tahitiennes 1939
Photo Erwin Christian