L’aventure de la Korrigane

Une belle histoire entre amis. L’aventure de La Korrigane est un joli conte de fées d’avant-guerre. A l’origine, deux jeunes couples et un de leurs amis de la bonne société, qui rêvent d’îles lointaines : Etienne de Ganay, sa femme Monique, sa sœur Régine, l’époux de celle-ci, Charles Van den Broek d’Obrenan, et un de leurs amis, Jean Ratisbonne.

Aucun n’a plus de 25 ans. Aucun n’est ethnologue. Sauf Monique, qui a suivi des cours accélérés. Le musée d’ethnographie du Trocadéro, en mal d’objets, les soutient et les charge d’effectuer une collecte. Un voyage merveilleux qui s’est déroulé entre 1934 et 1936 à bord d’une goélette La Korrigane (photo 2) , un ancien morutier d’Islande transformé en navire d’exploration et de collecte d’objets ethniques.

L’histoire commence comme une croisière mondaine. Aux Marquises et aux Fidji, îles polynésiennes, les  » Korrigans  » vont de réception en réception et se contentent de recueillir des pièces conservées par les autorités locales et les missionnaires,  » tiki  » et «  tapa « . Dans les années 30, on oppose toujours les bons sauvages polynésiens aux dangereux cannibales mélanésiens, et les  » Korrigans  » n’échappent pas à ce manichéisme.  A leur retour, en 1936, les cales de La Korrigane contiennent 2800 objets, qui subiront divers aléas avant que les explorateurs n’en cèdent gracieusement 600 au musée, ainsi qu’un millier de photos de Jean Ratisbonne et quelques très beaux dessins de Régine Van den Broeck.

Par contre, les populations de ces îles réclament maintenant le retour de tous ces objets traditionnels que l’on leur aurait substitué.

Charles Van den Broek

Séduit par l’Océanie, Charles Van den Broek revient en 1939 pour un voyage d’études ethnographiques et archéologiques à Tahiti et aux Marquises et se trouve bloqué par la guerre à Tahiti. Il s’installe sur les hauteurs de Mahina et entreprend des plantations de reboisement : eucalyptus, casuarina.. sur cette terre fut connue sous le nom de plateaux Van den Broek.

Charles Van den Broek donne à la Société d’études océaniennes à Papeete, une série de conférences au cours desquelles il initiait quelques amateurs aux techniques de l’ethnographie. En même temps il entreprenait le reclassement des collections du Musée de Papeete, et, à cette occasion, il fit généreusement don à cet organisme de plusieurs agencements destinés à mettre en valeur les pièces principales.

Son infatigable sociabilité, son entregent et sa parfaite maîtrise de la langue anglaise, l’avaient désigné pour occuper avec distinction la présidence du Syndicat d’initiative de Tahiti (1951-1955). A ce poste, il entreprit la publication de documents de propagande touristique et réalisa en 1952 le premier classement des sites et monuments de la Polynésie française. Il créa la Société hippique dont il fut longtemps le président et importa des chevaux pur-sang pour défendre ses couleurs sur le nouvel Hippodrome de Pirae dont il fût le promoteur.

La tombe de Charles Van den Broek d’Obrenan est située sur les hauteurs de Nono Ahu à Mahina (photos 1)

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Source :

Van den Broek d’Obrenan Charles. Le voyage de la Korrigane avec une préface de Paul Valéry – Payot Paris 1939

2015-07-19T10:17:30+00:00Categories: Mahina, Personnage historique, Tahiti|