Dans la première partie de la légende, Temaiatea vahine accouche d’un lézard jaune qui donne à l’île soeur de Tahiti, le nom de « Moorea ». Cette seconde partie raconte l’aventure du couple avec son second enfant, un chien.

Le couple Temaiatea, qui s’était installé à Punaauia à Tahiti, étaient fort triste de ne plus voir leur enfant, le lézard jaune Moo-rea. Heureusement, Temaiatea vahine fut enceinte une deuxième fois. Mais au terme de sa grossesse, elle accoucha d’un chien.

Le mari dissimula le placenta dans un arbre, situé sur le pic Mai’ao à Punaauia. Depuis cette époque, cet arbuste dont la fleur est d’un rouge vif est appelé « Puarata » (Metrosideros Collina). De ce lieu, le couple pouvait, lors des journées très claires, apercevoir à l’horizon l’île de Tapuai-Manu (Mai’ao) où était né leur premier fils.

Puarata de Tahiti, -Metrosideros collina. © Tahiti Heritage

Puarata de Tahiti, Metrosideros collina

Ils rembarquèrent dans leur pirogue et revinrent à Mai’ao, leur île natale. Ils s’installèrent à Putae et élevèrent le chien que Temaiatea vahine avait mis au monde. Les premières années leur « enfant » faisait des bêtises comme tous les chiots mais encore de petite taille, il restait contrôlable. Mais arrivé à l’âge adulte, avec une grande taille imposante,  il était devenu la terreur de sa mère. Celle-ci fit de nouveau part de ses craintes à son mari et lui suggéra de disparaître en abandonnant la bête sur l’île. Le mari, bien que triste d’abandonner une fois de plus son enfant, consentit à la demande de sa femme et mis en place un stratagème pour pouvoir quitter discrètement l’île.

Des coques de noix de coco percées

Temaiatea tane prit deux coques de noix de coco vides, perça un trou dans chacune d’elles et les donna au chien pour qu’il aille chercher de l’eau au puits de Maara’o.

L’animal ne s’aperçut pas qu’elles étaient percées. Arrivé au trou d’eau, il plongea le premier récipient et une fois plein, le posa sur la berge. Il rempli le second et le mis à coté de l’autre. C’est alors qu’il s’aperçut que le premier était vide. Il recommença l’opération trois fois de suite.

Pendant ce temps, ses parents gagnèrent en courant le rivage, montèrent dans leur pirogue et à force de rames, s’éloignèrent de Mai’ao.

Après ses trois tentatives infructueuses pour remplir d’eau ses coques percées, le chien compris alors que ses parents étaient les auteurs de cette supercherie.

Désespéré d’être abandonné

Le chien retourna rapidement au fare familial, mais il n’y avait plus personne. Il en déduisit aussitôt que ses parents l’avaient abandonné et se rendit rapidement en haut d’une des collines de l’île pour observer la mer. Il vit la pirogue de ses parents en pleine mer qui se dirigeait droit sur Mai’ao. La pauvre bête se mit à japper longuement pour attirer l’attention des deux voyageurs.

Ceux-ci firent la sourde oreille et continuèrent leur route, tandis que les habitants de l’île étaient terrifiés. C’est pour cette raison qu’ils surnommèrent le chien « Tai Riaria ». De désespoir, Tai Riaria se roula frénétiquement sur le sol en bavant. Il se blessa grièvement et perdit son sang en abondance. Epuisé, il succomba en cet endroit. Avec ses bonds désordonnés et ses contorsions rageuses, la colline où ces faits légendaires se sont passés se tassa en certains points pour former quelques vallonnements.

Silhouette de chien en contre-jour

Ce lieu, qui est situé sur les hauteurs dominant le temple protestant du village de Mai’ao est appelé actuellement te hae uri (la bave du chien)


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Commentaires

Source :

Ara’i Temauri, juin 1961. A’Ai no te Mo’o, la légende du lézard (en v.o et traduction). Bulletin de la Société des Études Océaniennes. n°138 Mars 1962, p 30
Aquarelle de John La Farge. 1890 Hari Bundle of coconuts from Tahiti.


2017-12-08T17:01:06+00:00 Categories: Légendes des îles du Vent, Maiao, Punaauia|Tags: |
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