Cette stèle complètement isolée en bordure du motu Putuahara de l’atoll de Anaa, commémore l’assassinat du gendarme Viry, à l’issue d’un conflit entre les catholiques (religion du protectorat français) et les mormons (religion des américains aux Tuamotu).

Une guerre de religion entre catholiques et mormons

Le passage de l’escadre anglaise de l’amiral Moresby à Fakarava et Anaa en août 1852 échauffe les esprits : la population s’arme contre les français. Le commandant français de Bovis avec l’aide efficace du Père Clair rétablit le calme dans l’atoll de Anaa sans un coup de feu. Mais le 15 Octobre, la lettre du régent Teint annonçant sa conversion au catholicisme et surtout celle de son père, soulève l’opposition farouche de Mapeura : « Je soutiendrai toujours les américains et les anglais contre les français » dit-il. Les habitants du village de Putuahara l’appuient dans sa rébellion.

Le 9 novembre, le Père Fouque est assommé et jeté comme mort dans le lagon, et le brigadier Viry, venu rétablir la paix, est assassiné par une dizaine d’hommes. Les responsables de ces exactions vont se cacher dans une grotte secrète située à l’extrémité sud de l’atoll de Anaa, la grotte Faitiga.

Une réaction bien lente des français

Une baleinière de la mission part aussitôt, avec cinq rameurs courageux, prévenir les autorités de Tahiti à 227 miles de là. Elle y arrive le 12 novembre. Le Gouverneur Page ne donne de réponse que trois semaines plus tard. En décembre 1852, tous les français présents à Anaa adressent une longue plainte et réclamation pour n’avoir pas été secourus par le Gouvernement du protectorat. Les français tardent à arriver.

C’est le 4 décembre seulement, que l’Hydrographe commandé par Parchappe, suivi bientôt du Phoque du capitaine Le Brigant arrivent à Anaa. Après enquête, Le capitaine conclut à l’innocence des missionnaires. Le gouverneur Page, mécontent de ce rapport, le relève de son commandement et le remplace par Parchappe. Celui-ci, aidé de volontaires tahitiens, fait une répression sévère. Il fait pendre, sans que les pères puissent intervenir, cinq hommes dont un catholique innocent, Temuta.

Le village change de nom

Avant cet assassinat, le village de Putuahara s’appelait Te Kotika Roa et son Tahua la place principale Mania qui veut dire « calme, tranquille ». Le village prit après le meurtre du gendarme le nom de Putuahara, c’est-à-dire le « lieu des crimes ».

Un nom pas très attractif pour le développement touristique de l’atoll !

Commentaires

Source :

BABIN Olivier 2005 Archives personnelles  –  Chant Puhara tikaroa


2017-04-20T20:38:36+00:00Categories: Anaa, Monument, Putuahara, Tuamotu|