Le hotu, Barringtonia asiatica, a été largement planté par les Polynésiens, notamment le long des côtes. C’est un arbre originaire des habitats de mangroves des côtes tropicales et les îles de l’océan Indien et de l’ouest de l’océan Pacifique.

Le hotu un bel arbre au port remarquable, aux feuilles solides et brillantes, qui est très répandu dans toutes les Îles polynésiennes, sur les plages et à l’intérieur des vallées. Il doit son nom français de Bonnet d’évêque à la forme très particulière, d’un cœur à quatre côtés, de son fuit. Le nom de l’île de Futuna vient du nom local du Barringtonia « futu « .

Son fruit, flottant aisément, a d’ailleurs donné naissance à l’expression hutu pàinu. Elle désigne une personne étrangère ou sans attache, référence au fruit flottant au gré des courants.

Selon la légende de l’origine des plantes d’après la mythologie polynésienne, le hotu était associé au cœur. Il a été invoqué par Ta’aroa – le dieu créateur de toute chose dans la genèse traditionnelle polynésienne – pour donner un épiderme robuste au dieu Tàne – ainsi que pour fournir des mâts à la pirogue de Hiro, un dieu polynésien.

Une fleur en forme de blaireau et un fruit en forme de bonnet d’évèque

Le hotu est un arbre de petite à moyenne taille croissante à 7-25 m de haut. Sa fleur, en forme de blaireau, parait bien fragile pour les barbes les plus dures. En effet, à peine ouverte, la nuit, elle tombe au sol au moindre coup de vent dès le matin. Elle est constituée de nombreuses étamines saillantes, blanches à la base, rose et jaune d’or à l’extrémité, qui dégagent un puissant parfum.

Portant le nom poétique de bonnet d’évêque, le fruit du hotu, à la forme d’un cœur, à quatre côtés. Il mesure 9-11 cm de diamètre La couche externe du fruit est verte tournant au brun à maturité. La couche intermédiaire est fibreuse et spongieuse. La couche intérieure qui protège l’amande est dure et épaisse. Ce fruit, flottable et très résistant à l’eau, peut survivre à la dérive sur la mer sur de longues distances et pendant plusieurs années.

Hotu fruit

Fruit du hotu en forme de bonnet d’évêque

Utilisations traditionnelles du Hotu pour la pêche

L’ amande du fruit du Hotu contient un poison ichtyotoxique – c’est à dire toxique pour les poissons – qui était notamment utilisé dans les techniques de pêche ancienne. Il suffisait de répandre l’amande râpée dans l’eau afin de “neutraliser” les poissons et les chevrettes, sans que la chair soit affectée, d’où son nom anglais de Poison fish tree. Les murènes, par contre sont plutôt excitées au contact de la substance.
Les graines flottantes sont parfois utilisées comme flotteurs pour la pêche.

Le Hotu en pharmacopée locale

Mélangée, râpée, à d’autres ingrédients, l’amande servait aussi à composer des ra’au (remèdes) en pharmacopée locale. Les feuilles du Hotu chauffées étaient utilisées pour traiter les maux d’estomac et les feuilles fraîches comme remèdes pour soigner les rhumatismes. Les graines étaient utilisées comme vermifuge.

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Olivier Babin