La rivière Vai’ete autour de laquelle s’est créé Papeete est déjà en partie enterrée. Sera-elle également ensevelie dans nos mémoires, oubliée des livres et des cartes  ?

Un étang en 1844

La rivière Vai’ete, appelée quelquefois Papeiti comme sur cette carte de 1844, était courte mais fort large et s’apparentait plutôt à un étang. Elle était alimentée en eau courante par des sources abondantes qui jaillissaient au pied du mont Faiere. Par la qualité de ses eaux et de son cadre, cette rivière sera à l’origine de la relâche des premiers baleiniers. La reine y installera son palais, puis le consul britannique Pritchard, Moerenhout et le gouverneur Bruat s’installeront également sur le site. La forge, les menuiseries, les fours à chaux, la boulangerie, les casernes, l’imprimerie officielle, l’hôpital se serviront de ses eaux.

La rivière Vai’ete, une fortification naturelle

Les militaires ont utilisé cette rivière comme moyen de protection naturelle et ont édifiés des fortifications et des remblais qui ont progressivement réduit la largeur de la rivière. Les premières fortifications de l’Est en 1844 ont été édifiées à l’emplacement de l’actuelle rue du Docteur Fernand Cassiau anciennement dénommée rue Glacière. Les travaux de canalisation de la rivière ont été réalisés de 1845 à 1858 pour rejoindre le quai en passant par la place Albert 1er (l’actuel parc Bougainville). On se servit des débris des murs de la fortification de l’Est, détruite en 1852, pour remblayer le marécage jusqu’au parc Bougainville et construire la route qu’on appelait Broom Road à l’époque et qui est aujourd’hui la rue du général de Gaulle.

La rivière Vai’ete, un simple canal en 1852

La rivière Vai’ete, constamment rétrécie par les remblais et les nouvelles constructions, fut réduite à un simple canal qui servait de lavoir public à tout le monde, femmes, marins et soldats. Tous pêle-mêle lavaient en plein jour leur linge dans cette rivière, et se servaient des barrières en bois des propriétaires des nouveaux immeubles bordant la rue Glacière, comme séchoir. La rivière, ou le ruisseau est aujourd’hui recouvert et se situe sous la rue du Docteur Cassiau.

Le bain de la Reine Aimata Pomare IV, au fond des jardins de la reine, derrière l’assemblée est un point de résurgence de la rivière Vai’ete. Il coule dans un petit lac décoré de nénuphars et ombragé par les frondaisons toujours vertes des arbres. L’eau s’échappe ensuite par un ruisseau qui coule le long des bâtiments de l’assemblée avant de disparaître sous la place Taraho’i pour ressurgir au parc Bougainville.

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Le bassin de la reine vers 1910. Photo Lucien Gauthier
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