Situé à 355 km au Nord Est de Tahiti, Rangiroa, est l’atoll le plus étendu et le plus peuplé des Tuamotu. C’est aussi celui qui possède la plus grande surface émergée. C’est enfin l’atoll qui a développé l’économie la plus diversifiée des Tuamotu, autour du tourisme, de la perliculture, de la pêche, et du coprah.

Géographie de l’atoll de Rangiroa

Avec 7900 hectares de terres émergées réparties en 415 groupes d’îlots, l’atoll possède un lagon intérieur turquoise de 80 km de long, 32 km dans sa plus grande largeur et 5 km dans sa plus petite largeur. Deux passes s’ouvrent sur sa côte Nord et permettent l’accès à l’intérieur de l’atoll. Ce sont celles de Hutuaara à l’entrée du village d’Avatoru et la passe de Hiria à l’entrée du village de Tiputa.

Il y a près de 300 ans, un phénomène particulier a déplacé certains fonds sous-marins de Rangiroa, soulevant des blocs calcaires gigantesques, et les déposant sur le récif. Le plus volumineux d’entre eux fait 1000 m3 et pèse 1500 à 2000 tonnes. Ces blocs se trouvent sur la pointe Nord-Ouest du grand atoll.

Histoire ancienne de Rangiroa

Probablement peuplé vers le Xè siècle, l’atoll de Rangiroa comptait autrefois plusieurs villages : Tereia, Fenuaroa, Otepipi, Tevaro, Avatoru et Tiputa près desquels on a retrouvé plusieurs marae et des dizaines de fosses de culture.

Les marae comme ceux de Anihia à Tivaru ou Tehone à Maherehonae sont de petites tailles, à enceinte et ahu formés de dalles de corail dressées.

Le marae Maherehonae en 1951

Le marae Maherehonae de Rangiroa en 1951

Les traditions orales précisent que chaque marae correspondait à des terres ou à des motu, propriétés d’anciens groupes sociaux appelés ‘ati. Ces traditions parfois consignées dans des puta tupuna (livres des ancêtres) font état d’un grand cataclysme, probablement un raz-de-marée qui se serait produit vers 1560 et aurait détruit les établissements humains de la partie Ouest de l’atoll.

Au XVII siècle, Rangiroa noua d’importantes relations avec les autres îles des Tuamotu du Nord et l’archipel de la Société par le relais de Makatea. L’épanouissement de la vie sociale, économique et religieuse de cette époque est attesté par les vestiges de grands marae et d’importants villages près des passes. Vers 1770, cet état de prospérité fut brutalement rompu.

“Les défaites subies face aux guerriers d’Anaa, les redoutables parata, conduisent à la désertion de l’île ravagée où les villages et leurs édifices collectifs sont détruits et la population en grande partie massacrée tandis que les cultures sont abandonnées” .

Réfugiés à Tikehau, Makatea et Tahiti, les survivants bénéficièrent de la protection des Pomare et purent regagner leur île en 1821.

La découverte par les navigateurs européens de Rangiroa

Bien que découvert dès 1616 par Le Maire et Schouten puis visité par Roggeven en 1722, Rangiroa ne vit s’installer les premiers Européens qu’en 1851 : il s’agissait de missionnaires catholiques qui, en incitant la population à planter des cocotiers à partir de 1865, firent entrer l’atoll dans l’ère coloniale. Les vestiges d’un ancien village (une petite église et un cimetière) sont visibles au motu Otepipi.

Le village d'Avatoru à Rangiroa en 1898. Photo Lemasson

Le village d’Avatoru à Rangiroa en 1898. Photo Lemasson

Eglise de Tiputa en 1958

Le village de Tiputa en 1958

Economie de Rangiroa

Rangiroa a bénéficié de la croissance économique et urbaine de Tahiti dès les années 1950. Ses agriculteurs fournissaient de grosses quantités de coprah. Les pêcheurs, eux, se sont très tôt organisés pour tirer parti du lagon. Ils approvisionnaient les travailleurs de la Compagnie Française des Phosphates de l’Océanie (CFPO) exploitant le gisement de Makatea, et expédiaient 40 tonnes de poissons frais en 1960. Rangiroa est encore de nos jours gros producteur de poissons lagonaires, expédiés frais sur le marché de Papeete, ou salés sur place.

L’atoll est mondialement connu pour les magnifiques plongées que l’on peut effectuer tout le long du récif barrière, dans la passe d’hotuaura d’Avatoru, la passe Hiria de Tiputa ou à l’aplomb des îlots coralliens au milieu du lagon.

Commentaires

Source :

François Doumenge : L’Homme dans le Pacifique Sud


2017-12-13T09:07:03+00:00 Categories: Atoll, Avatoru, Rangiroa, Tiputa, Tuamotu|
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